Tierradentro, voyage au centre de l’archéologie pré-colombienne

couverture de l'article sur Tierradentro

Nous voilà sur la route de Tierradientro. Ça fait 3 heures que  nous nous faisons malmener sur un chemin poussiéreux à faire des zigzags entre trous, boue et pierres dans une jeep dépourvue d’amortisseurs. Sans oublier une soupe plus que douteuse avec des morceaux non identifiés (langue ou peau? ) que Simon à eu le courage de goûter et de recracher aussi vite, nous arrivons à Inza d’où nous devons prendre une navette pour Tierradentro qui est à 20 min.

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Je suis soulagée de descendre de cet engin de tortures bien que j’ai réussi à m’y endormir malgré les secousses, mais à peine un pied par terre que je me retrouve face à une boucherie où une tête de mouton, encore sanglante vacille sur un crochet et l’odeur et la vision des boyaux qui sèchent est juste insupportable.
Entre le trajet qui m’a rendue un peu vaseuse et cette soupe dont le souvenir me file des frissons, j’ai bien failli gerber mais ça va j’ai réussi à m’éloigner sans faire de dégâts.

En attendant la navette nous sympathisons avec une femme qui est instit dans village juste au-dessus de Tierradentro, elle nous invite à attendre avec elle et ira même jusqu’à appeler une copine qui tient une hospedaje (logis) pour vérifier la dispo et moyenner le prix. Nous sommes toujours agréablement surpris par la gentillesse des gens.
La discussion s’enchaine, mais la navette arrive et nous sort de cet échange fort sympathique. Nos sacs balancés sur une sorte de galerie, nous prenons place sur la banquette arrière. Des enfants montent aussi, et oui on optimise. Après 20 minutes, nous arrivons à Tierradentro et l’instit demande l’arrêt devant notre hospedaje. La jeep repart si rapidement que j’ai à peine le temps de remercier cette femme dont nous ne connaissons même pas le prénom. Nous sommes chaleureusement accueillis par la fille de la proprio que nous rencontrerons le lendemain.

Le village est tout petit, il ne compte que 3 tiendas (épiceries) et 2 restos où l’on sert la même chose et s’organise le long d’une route qui monte vers San Andres de Pisimbala à 20 bonnes minutes à pied, il est plus important et on y trouve d’ailleurs le seul point internet du coin. En effet c’est tellement isolé que rien ne capte plus bas.

Nous sommes ici afin de découvrir les fameux hypogées datés entre  600 et 900 après JC.  Ce sont des puits creusés dans une roche semi-volcanique menant à une chambre funéraire.
Ce matin après la visite intéressante des deux musées sur l’histoire du village et de ses hypogées, nous partons à la découverte des 5 sites et des dizaines de tombes éparpillés sur la montagne.

Hypogée

Entrée d'une hypogée

Après une bonne marche nous arrivons sur le premier site et je découvre des sortes de cabanes abritant les hypogées, il faut y descendre par une petite trappe et  descendre des marches hors normes. Lorsque je m’enfonce à l’intérieur de la première armée d’une lampe torche, j’ai une petite angoisse! Je ne suis pas claustrophobe, mais la chambre funéraire est plongée dans le noir à plusieurs mètres dans la terre et l’air est extrêmement humide, mais après un petit temps d’acclimatation je découvre alors un truc incroyable.

Marches hypogée Tierrdentro

Marches hypogée Tierrdentro

Les parois sont décorées par des dessins géométriques peins en rouge, noir ou bleu. Deux énormes piliers trônent au milieu et autour on voit les sortes de niches où reposaient les urnes. Je suis bluffée par tant de travail et par la signification de l’endroit. Les ancêtres creusaient ces hypogées à plusieurs mètres sous terres pour y déposer les restes ou les ossements de leurs morts dans des urnes funéraires. Les hypogées sont une sorte de caveau familial. On enchaine les premiers sites et on en découvre de toute sorte. Avec ou sans peintures, de la couleur ou d’autres plus sombres et même une vue de l’extérieur. On croisera aussi un serpent mais heureusement il était mort car ultra méga venimeux. Pas super rassurant quand même pour la balade!

Serpent mort

funéraires
Centre d'une hypogée
Coeur d'une hypogée

Outre la végétation, les rivières, les dizaines de poules été les chiens, le parcours nous fait passer par San Andres de Pasimbala, il est environ midi et quelques écoliers sont dans les rues. Nous jetterons un oeil dans les salles ouvertes de la casa culturelle afin de retrouver l’instit qui nous a aidés mais en vain. Nous verrons aussi la seule église du village qui est en rénovation suite à un gigantesque incendie criminel qui a eu lieu pendant la semaine l’année dernière. Les habitants ont été profondément touchés par cet épisode. Après un déjeuner qu’on connait par coeur ( riz, bananes plantains frites, haricots rouge, 2 feuilles de salade et semblant de viande archi cuite), on continu la journée.

Village de Pasimabala

Enfants dans le village de Pasimabala

Nous reprenons notre rando au milieu des champs de caféiers et de bananiers qui nous nous rappelle Salento, il fait beau et c’est tellement agréable. Nous repérons au loin les cabanes grâce à toits blancs.
Nous les ferons tous sauf le dernier qui est aussi le plus haut, mais pas le plus beau selon les gardiens, faut dire que nous sommes un peu fatigués.
À la fin de la journée, nous avons parcouru toute la montagne de droite à gauche.

Escalier hypogée

 

Au retour la propriétaire nous a préparés à manger et nous passons la fin de soirée avec elle et son mari qui était guide au musée

que nous avons visité le jour même. Il approfondira avec passion et vidéo les explications sur le site Tierradentro. Nous verrons aussi une vidéo de son groupe de musique andine dont il est très fier et nous fera une visite du jardin où se trouvent quelques arbres fruitiers et des poules.

Je suis rincée de cette journée, mais vraiment contente de cette petite randonnée au soleil à la recherche des hypogées. C’est la première fois que je visitais un site archéologique et j’ai adoré.

La photo de fin de tous les deux

Accéder à la galerie photos sur Tierradentro

 

Publié le par Marlène dans la catégorie Colombie Sur le site Allolemonde

A propos de Marlène

Avide d'aventures et de voyages, je suis contente de pouvoir enfin découvrir d'autres pays, d'autres cultures et surtout de pouvoir connaître l'Amérique du sud et de vivre des expériences uniques.

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