Arrivée en Colombie, notre passage à Léticia

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Nous voici à Leticia, petite ville colombienne située à la frontière du Brésil, du Pérou et de la Colombie. Nous arrivons en fin de journée après 1 jour et demi de bateau où l’on a passé le plus clair de notre temps assis (même pour dormir). La traversée s’est passé sans trop d’encombres, à part la clim à fond et des films de mauvais gout diffusé en boucle du genre Transformers ou des films sortis uniquement en DVD avec Jean Claude Van Damme (c’est vous dire). Nous sommes contents d’arriver car le trajet fut un peu long et la vue sur le fleuve Amazone n’est pas aussi passionnante que je le pensais, arbre, eau marron, arbre, petite maison, eau marron, etc. Je n’imagine même pas la traversée en 7 jours comme nous l’avions envisagé au départ, plutôt satisfait de notre choix après coup. Nous cherchons une auberge avec Bryan, un Colombien rencontré à bord avec qui nous avons sympathisé. Ce mec a fait le trajet que nous comptons faire en un an en seulement 25 jours, il est en fin de parcours et semble un peu exténué.

Après une bonne heure de marche dans la nuit, nous en trouvons un endroit où se poser dans le quartier militaire, juste en face d’une caserne de pompiers. Nous allons ensuite découvrir les abords du quartier. Des militaires sont postés à chaque coin de rue et ils sont armés jusqu’aux dents. Au moins, on est sûr qu’il ne nous arrivera rien! De nuit, la ville n’a rien d’exceptionnel, de jour non plus d’ailleurs. C’est assez pauvre, le principal moyen de locomotion est le tuk-tuk comme en Thaïlande et la moto où les gens s’entassent parfois jusqu’à 4 avec des enfants en bas âge et sans casques. Il n’est pas rare de voir des femmes donner le sein à leur bébé à l’arrière d’une moto, c’est à peine croyable mais cela semble être banal ici. Il y a encore et toujours des chiens errants dans toutes les rues. Même si cela est tentant parfois, j’évite généralement de les nourrir car sinon ils vous lâchent plus. Cela n’empêchera pas un petit bâtard de me suivre partout pendant un bon après-midi, j’ai résisté jusqu’au bout même si l’envie se faisait sentir.

Photo du centre ville de leticia

Photo de Marlene, Bryan et Simon

Après une soirée bien arrosée à la cachaça avec Bryan, nos chemins se séparent. Il rentre chez lui à Cali, mais nous invite à venir le voir quand nous passerons là-bas. Il paraît qu’on peut faire du parapente pour pas cher, on verra bien (Maman ne t’inquiètes pas c’est juste une idée lancée comme ça).

Le centre-ville est clairement laid et décidons de trouver une auberge plus à l’écart, près de la forêt pour se poser quelques jours. Il s’agit de l’hôtel Mahatu, que l’on avait vu à plusieurs reprises sur des blogs avec que de bons commentaires. On comprend pourquoi, il y a des petites cabanes, des arbres magnifiques et même un petit lac, tout ce que nous voulions.

photo auberge Mahutu

Depuis le début de notre voyage il ne me tardait qu’une seule chose, pouvoir parler espagnol. Je suis très content, car la compréhension est meilleure qu’au Brésil, mais j’éprouve une certaine difficulté à me faire comprendre et les mots ne viennent pas si simplement que ça. Je dédierai une partie de mon temps libre à réviser mon vocabulaire et certaines conjugaisons.

Niveau climat, l’air est humide et il pleut tous les jours. Il y a même une nuit où il a fait froid, une première pour moi de sortir ma polaire quechua, je me dis au moins que je m’emmerde pas à la porter pour rien dans mon sac.

Après 2 jours de lecture, micro promenades et le visionnage de la dernière saison de Games of Thrones (on a vraiment kiffé !), nous décidons de faire une excursion à la journée pour visiter les attractions du coin. Je ne suis généralement pas fan des tours organisés, mais je dois reconnaître que cela permet de faire beaucoup de choses en une seule fois et pour moins cher. Ce fut une première dans notre voyage et nous ne l’avons pas du tout regretté.

Photo d'un carte de la frontière netre le pérou, la colombie et le brésil

Rendez-vous à 8h30 pour une visite du marché avec d’autres touristes, les étales de fruits sont colorés et ceux de poissons bien fournis, on verra même des piranhas avec leurs jolies petites ratiches affûtées.

On décolle ensuite à bord d’une petite embarcation où nous sommes serrés comme des sardines. Le temps est un peu gris, mais l’air est chaud et l’excitation de l’excursion nous enthousiasme au plus haut point.

Première escale sur la rive côté Péruvien, un village d’indigènes nous accueille avec un bel assortiment d’animaux des environs. Je trouve cela un peu surfait, mais je ne connais pas de moyens d’approcher autant d’animaux d’un coup et de si près. Ils n’ont pas l’air martyrisés alors je profite du moment présent, un super moment. Je tire le portrait de perroquets et de petits singes pendant que Marlène fait un gros câlin à un paresseux qui est bien décidé à ne pas quitter ses bras. Étant phobique des reptiles, je redoute le moment où ils vont apporter les serpents, cela me paraît si évident que je jette un œil histoire de ne pas être surpris. 5 minutes plus tard, un boa énorme tout luisant fait son apparition accompagné d’un python de taille plus modérée. Je me tiens à l’écart, car les serpents C’EST JUSTE PAS POSSIBLE, mais je prendrai mon courage à deux mains en attrapant un bébé caïman. C’est froid, mais sa rangée de dents et ses beaux yeux le rendent presque attendrissant même si la dame qui me le tendit me dit de bien tenir sa tête pour ne pas me faire croquer.

photo de Marlene avec un singe

Photo d'un paresseux avec Marlène
Photo d'un animal resesmblant à une pierre : le matamata
Photo d'un tortue enorme
Photo d'une petite tortue
Photo d'un petit singe tout mignon qu'on voudrait bouffer tout cru
Photo macro d'un caiman
Photo d'un boa sur le sol
Photo d'un caiman dans les mains de Simon
Photo d'un paresseux avec Simon

Après une petite heure à faire joujou avec tous ces animaux incroyables, on trace la route, heu le fleuve, direction l’île des singes (La isla de los micos). Chouette, j’adore les singes tout comme ma dulcinée et nous sommes excités comme des puces.

On ne sera vraiment pas déçu, il y en a partout !!! Un mec nous tend des bananes et on se retrouve avec des singes qui sautent de personne en personne afin de se faire un véritable festin. Il y a des moments où l’on en a jusqu’à 7 sur nous, il nous enlacent, se pendent aux bras, tirent les cheveux, fouillent nos poches, nous mordillent et nous câlinent pendant presque une heure. Ce moment est vraiment exceptionnel, les sourires sur nos visages nous font retomber en enfance et transpire le bonheur à plein nez. On aurait envie d’en apporter un avec nous et mais nous serons raisonnable et nous nous rassurons en sachant que ce ne sera pas la dernière fois que nous en verrons dans notre voyage en Amérique Latine.

Photo d'un singe en gros plan
Photo d'un singe sur un tronc d'arbre
Photo de Marlene avec pleins de singes
Photo de Marlene et d'un petit singe
Photo de Simon avec pleins de singes
PHoto de Simon avec un singe
Photo de Marlene avec des singes
Photo de Marlene avec des singes

Après avoir cherché les fameux dauphins roses d’Amazonie en vain, mais tout en profitant de la quiétude d’un joli lac attenant au fleuve, nous allons dans le village de Puerto Nariño pour prendre un bon déjeuner. Cela a beau être un tour organisé, ils ne se moquent pas de nous, un vrai festin nous est proposé. Ce sera également l’occasion de parler avec une famille colombienne sympathique originaire de Bogota du président qui vient de rempiler pour 4 ans (élu car moins pire que l’autre, ça me rappelle la France) et du fait que la France est très bien vue en Colombie. Le sujet épineux des FARC sera également abordé, car il s’agit d’un vrai sujet de société, mais ils en parlent en chuchotant, car on se trouve pas trop loin de leur fief. Ils m’apprennent que le français est souvent étudié en seconde langue et qu’ils étudient même nos grands classiques littéraires même s’il n’en reste plus grand-chose après autant de temps sans le pratiquer.

PHoto de Puerto narino
Photo de puerto narino

Nous ferons un tour du village et reprendrons le chemin inverse pour nous arrêter dans une sorte de réserve ou il y a des nénufars géants et des perroquets rouges et bleus à gogo. Le soleil commence à tomber et il est temps de rentrer, nous nous couchons assez rapidement après avoir fait le tri de nos photos et ravi de la super ne journée que nous avons faite.

Photo d'un lodge en Amazonie

Une chose mal faite dans cette ville frontière est la gestion du visa. Pour la faire courte, nous avons obtenu simplement notre tampon de sortie du Brésil le lendemain de notre arrivée à Leticia, mais pas le tampon d’entrée en Colombie. Tous les policiers à qui nous poserons la question disent que cela se fait au départ de l’avion, peu importe le temps passé ici. J’aime pas trop le fait d’être un « clandestino » mais je me dis qu’après tout c’est peut-être normal. Le jour du départ, Gustavo, le patron de notre auberge au caractère bien trempé m’afflige de reproches en me traitant d’inconscient et m’assure que nous allons au-devant de problème au bureau de l’immigration. Hum, pas cool ça et je commence un peu à flipper. Après une bonne marche direction l’aéroport, nous voilà enfin devant le fameux bureau. Ma meilleure ligne de défense est de jouer l’abruti qui ne parle pas un mot d’espagnol. Fort heureusement, malgré ses questions sur le pourquoi du temps passé illégalement en Colombie, je réponds exprès à côté et il me tend mon passeport en soupirant en disant : « Visa de 3 meses en Colombia, Bienvenidos ». Ouf, on va prendre l’avion sereinement et se diriger vers le nord pour découvrir une autre partie du pays.

photo du visa colombien

 

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Publié le par Simon dans la catégorie Colombie Sur le site Allolemonde

A propos de Simon

Un peu geek sur les bords mais pas trop et rêveur invétéré. Après quelques voyages sur presque chaque continent, j'ai eu très envie de découvrir l'Amérique latine.

2 Réponses à Arrivée en Colombie, notre passage à Léticia

  1. Françoise

    Alors là , vous m’avez fait vraiment rire avec les petits singes partout.
    Merci pour ce moment de bonheur.
    Bonne continuation. Plein des bisous

  2. ondiana et felipe

    Felipe est jaloux! Il dit que lui aussi est paresseux et mérite un câlin de Marlène…
    Quant à moi, c’est encore un régal que de vous lire et de regarder les photos.Encore, encore…

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