De Taganga au parc de Tayrona, dernière tournée des plages

vignette taganga

Taganga est à 5h de bus de Carthagène, c’est un petit village à 20 min de Santa Marta (qui est LA ville du coin) et à 1h du fameux Parc National de Tayrona. Le choix de ce village s’est fait un peu au hasard, mais dans un désir de tranquillité et loin de l’agitation de la ville. Nous voulions nous poser et profiter de la mer, car après cette étape nous ne la reverrons plus avant un long moment.

Lorsque le bus traverse Santa Marta nous ne sommes pas déçus de notre choix, les rues grouillent de monde, les voitures klaxonnent, les vendeurs ambulants envahissent les trottoirs, les magasins crachent leur musique… Bref un vrai bordel sans charme apparent.

Nous laissons cette agitation derrière nous et le bus s’enfonce dans la montagne qui semble tellement sèche que je me demande si il n’y a pas eu un feu récemment.
Ne m’étant pas trop renseigné sur le village, le doute monte lorsque Simon me dit « Euh.. Tu es sure que c’est en bord de mer? Ça à l’air un peu paumé là ». Mais au détour des virages et 10 min plus tard, j’aperçois le village en contrebas qui s’organise autour d’une petite plage qui fait aussi office de port de l’autre côté. Isolé au pied de la montagne aride, Taganga nous attend.

Le bus nous laisse sur la « place de l’église » car il ne trouve pas l’adresse de l’auberge choisie. Nous commençons notre recherche sous un soleil de plomb, errants dans ces petites rues où la musique résonne le volume à fond. Taganga n’a qu’une seule route goudronnée, tout le reste est en terre, je vous laisse imaginer la poussière qui colle à la peau et l’air suffoquant. Après de longues minutes de recherches, de sueur, d’infos demandées par-ci par-là, nous abandonnons l’idée de trouver l’auberge et nous tombons sur un homme fort sympathique, arborant une belle moustache qui nous vante la sienne à un prix tout aussi intéressant. Ni une ni deux nous le suivons.
L’endroit est accueillant, il y a une cuisine et Simon va enfin pouvoir cuisiner. Cependant, les toits sont en taule et la chaleur dans la chambre est étouffante même avec le ventilateur à fond.

Photo de la plage de Taganga
photo Couché de soleil sur Taganga

Nous filons directs en bord de mer découvrir la plage. Je suis surprise par le nombre de gringos, il n’y a que ça! Mais l’ambiance est vraiment détendue, je m’y sens bien et mon chéri est sous le charme. Nous assistons rêveurs au coucher de soleil, bien heureux de se trouver là.

Le lendemain, nous décidons d’aller à Bahia Concha mais avant nous faisons un tour au point d’information. Sur place nous rencontrons alors une petite famille de Français: Hélène, Yann et le petit Lou, 3 ans. Ils sont originaires de Paris mais habitent à Sao Paulo et se rendent au même endroit que nous. On décide alors de partager le taxi et de passer la journée ensemble. Sur le trajet, on apprend qu’il n’a pas plu depuis 5 mois d’où l’aspect aride de la montagne et que la région est en pénurie d’eau. Plus tard nous verrons aux infos l’ampleur du problème dans la région de Santa Marta.
Après une petite heure de route, nous arrivons sur la plage. L’eau est transparente, le sable blanc, la mer turquoise, mais il y a beaucoup de touristes. Nous nous mettons à l’écart et passons une super journée.

Autre photo de la plage bahia concha
Photo de la plage bahia concha

Nous apprécions la compagnie de cette petite famille, à tel point que nous décidons de passer la soirée autour d’une bière à parler de voyages et de leur ressenti sur leur nouvelle vie au Brésil.
Comme nous, ils souhaitent se rendre au Parc national de Tayrona et naturellement nous décidons d’y aller avec eux. Pour notre part, nous prévoyons de dormir sur place, on nous a parlé d’un camping où des hamacs se louent à un bon prix.

Le sac est fait, les chaussures sont lacées, les bouteilles d’eau sont chargées. Il est 8h et Edgardo notre chauffeur de taxi nous attend. Il faut compter à peu près 1h de route pour y arriver. Dans la voiture nous hallucinons sur la saleté de la ville, des poubelles jonchent le sol à tous les coins de rue, des bouteilles vides, des sachets plastiques, des emballages sont accrochés aux arbres ou aux talus, c’est vraiment sale. Edgardo nous explique que pourtant il y a un système de ramassage des ordures 2 fois par semaine, mais que les locaux en n’ont rien à faire et que c’est beaucoup plus simple pour eux de jeter les poubelles dans la rue que d’aller jusqu’aux conteneurs. À notre époque et dans un esprit écologique, voir autant de déchets dans la rue est particulièrement choquant.

Nous voilà enfin arrivés à l’entrée de Tayrona, visiblement le parc est très prisé, il y a pas mal de monde. Le chemin dans la forêt n’est pas toujours évident et la chaleur difficile à supporter, mais les paysages sont vraiment beaux. Les plages sont sauvages, il y a d’énormes rochers gris et ronds un peu partout. Il y a beaucoup de courant et la baignade est interdite sur la plupart des plages. Pas de bol cela nous aurait vraiment fait du bien de nous rafraichir un peu.
Le point d’arrivée (Cabo San Juan) est à 1h de marche au moins. Nous avons tous hâte d’arriver!

PHoto de Simon dans son koh lanta
Plage de Cabo San Juan

La délivrance est enfin là, mais mon chéri est un peu déçu par le nombre de touristes sur la plage. C’est vrai qu’il y en a beaucoup et cela gâche le côté sauvage. Mais bon, c’est quand même super beau.
Au bout de quelques minutes et après une baignade bien méritée, mon cher et tendre me montre un rocher tout près en me disant très délicatement ne pas avoir peur (ce qui ne marche pas). Je regarde dans la direction indiquée et ne remarque rien jusqu’à ce que j’identifie un énooorme iguane aussi moche en vrai qu’en photo! J’ai des frissons en essayant de le regarder. Tout le monde se presse autour de lui pour le prendre en photo. Je l’observe de loin et après quelques minutes je me surprends à m’approcher petit à petit. La curiosité l’emporte. J’arrive à 1 mètre de lui et fais même quelques photos. J’ai toujours des frissons dans le dos, mais j’ai réussi mon challenge!! Je suis fière de moi.

Cabo San Juan au parc Tayrona
Hammocks in Tayrona Park

Et je ne sais pas encore ce qui m’attend! Oui, car la bête se balade sur la plage (pour le plus grand plaisir des touristes) et je la vois s’approcher dangereusement de nos affaires. Impuissante face à l’iguane, je n’ai pas d’autre choix que de le laisser s’installer sur ma serviette! En plus de cela comme nous avions des bananes dans le sac, il s’ installe dessus et reste bien 20 min alors que tout le monde le prend en photo. Il a fallu batailler pour le faire bouger de là. Demander aux touristes d’arrêter de le caresser (comme si c’était un chat) et ruser pour récupérer les bananes et les lancer loin. Le tour a marché, car il s’est éloigné attiré par l’odeur des fruits.

Photo de l'iguane sur notre serviette

Après toutes ces émotions, il est temps pour nous de quitter Hélène et Yann, sans oublier Lou, qui partent le lendemain pour Medellin. Nous sommes ravis de cette rencontre, nous échangeons les adresses mails et promettons de les contacter lorsque nous passerons par Sao Paulo.

Photo de la foret de Tayrona

Nous partons maintenant à la recherche du camping pour ce soir. Nous revenons sur nos pas, traversons à nouveau la forêt jusqu’à hauteur de la plage d’Arrecifes. Heureusement que Simon à l’œil et voit un panneau au loin indiquant Panaderia (boulangerie) et il se souvient d’Emmanuel lui parlant du « bon pain » chaud du matin et nous reconnaissons l’endroit grâce à une photo qu’il nous avait montrée.
C’est un camping comme les autres sauf que nous apercevons le coin hamac particulièrement bien fourni. Ils sont tous alignés les uns contre les autres ne laissant que très peu d’intimité.
Nous sommes tous les deux épuisés par la journée de marche et la chaleur. Je n’ai qu’une envie c’est de me coucher, mais il n’est que 19h, on s’installe donc au resto prendre une bière.

PHoto de la plage cabo san juan

C’est à ce moment-là que nous faisons connaissance avec deux autres françaises (je n’en ai jamais autant croisé qu’en Colombie!). Il y à Maeva, prof d’espagnol à Paris et sa copine Tess qui est une personne tout ce qu’il y a de plus originale. Originaire de Grenoble, elle bosse depuis 1an et demi à l’ambassade de Santiago au Chili. Lassée de sa carrière de fonctionnaire, elle a décidé de retourner dans le domaine pour lequel elle a obtenu un diplôme à savoir glaciologue. Elle nourrit l’espoir d’exercer ce métier en Colombie afin de pouvoir vivre de sa passion. En plus de cela, elle a l’originalité de faire la collection des bonbons Haribo, elle dit avoir des paquets de toutes les sortes de cette marque et dans toutes les langues où Haribo est distribué. Le comble dans tout ça c’est qu’elle n’en mange même pas, car elle est allergique! Un sacré personnage ! Nous la reverrons prochainement à Santiago.
Nous sommes en train de discuter lorsque les lumières s’éteignent, il est 22h et tout le monde se dirige vers les hamacs. Nous en faisons autant et nous découvrons alors notre lit de fortune, je ne sais pas si c’est vraiment confortable, mais fatiguée comme je suis cela devrait passer en glisse.

Photo des 4 loustiques a Tayrona

Le réveil se fait à l’aube, j’ai plutôt bien dormi à part les moustiques et cela malgré le pantalon, le répulsif et la moustiquaire.
Nous rejoignons les filles direction la plage.
Sur le chemin nous croisons des singes, nous savions qu’il y en avait dans le parc, mais on ne s’attendait pas en voir! Bon, ce ne sont pas ceux qui nous sautaient dessus à Leticia, ils sont beaucoup plus sauvages, mais c’est quand même cool de les voir se balancer de branche en branche!
Afin de ne pas rester sur une mauvaise impression, nous retournons à Cabo San Juan et heureusement nous sommes agréablement surpris. Il est encore tôt et à part quelques matinaux la plage est déserte. Nous allons cependant un peu plus loin histoire d’être vraiment tranquilles pour la journée.
Au bout d’un sentier, nous découvrons alors une superbe plage où il n’y a presque personne. Nous passons la journée entre sieste, baignade, bronzage et discussion. La seule grosse activité du jour (à part la marche) fut la recherche et la préparation de noix de coco. Simon est devenu un spécialiste, c’est un jeu d’enfant pour lui.
La journée s’achève, nous retournons au camping toujours en compagnie de Tess et Maeva avec qui nous rigolons bien.

Le lendemain matin, après avoir profité une dernière fois de la plage, du soleil et des filles, il est temps pour nous de retourner à Taganga, mais avant il faut refaire la marche d’une heure.
Dès le départ de la plage, je sens que le retour va être compliqué. Je soupçonne un coup de chaud. J’ai deux de tension, j’ai mal au crâne et j’ai super soif.. La totale!  En plus il ne nous reste que moins d’1 litre pour deux parce que j’ai bu la première bouteille en 5 min.
Heureusement nous arrivons assez rapidement à un spot marquant la moitié du chemin mais surtout connu pour être battu par les vents, c’est un vrai bonheur! Je reprends mon souffle et mes esprits, ça va un peu mieux. Les éternelles clowneries de mon chéri aident également à relativiser la situation.
Le reste du chemin se passe pas trop mal. Simon se plait vraiment à traverser cette nature, c’est vrai que le cadre est magnifique.

PHoto de nous après la traversée de la foret

Nous touchons au but, trempés de sueur et rouges de chaleur. Nous trouvons une navette qui accepte de nous déposer devant notre auberge à 1h d’ici, nous rentrons enfin « chez nous ».
Quelques jours plus tard, après avoir bien profité de la plage et nous être remis de l’expédition à Tayrona nous décidons qu’il est grand temps de mettre le cap vers le sud.

Nous quittons la mer pour un long moment, mais sans regret, car nous en avons largement profité. Le parc Tayrona vaut vraiment le détour, mais ce n’est pas de tout repos. Quant à Taganga, j’ai adoré ce petit village loin de l’agitation de la ville, mais j’ai maintenant hâte de découvrir Medellin!

 

ACCEDER A LA GALERIE SUR TAGANGA ET LE PARC TAYRONA

Publié le par Marlène dans la catégorie Colombie Sur le site Allolemonde

A propos de Marlène

Avide d'aventures et de voyages, je suis contente de pouvoir enfin découvrir d'autres pays, d'autres cultures et surtout de pouvoir connaître l'Amérique du sud et de vivre des expériences uniques.

2 Réponses à De Taganga au parc de Tayrona, dernière tournée des plages

  1. Helo

    Dites donc elle à l’air débile cette Tess elle aurait pas un 06? Collectionne-t-elle les cerfs volants j’ai l’impression de la connaître 😉
    Bisous les copains, Santiago vous attend enjoyez bien

  2. simon

    Oué pas finotte la Tess, plutôt du genre à collectionner les chaussettes de couleur rouge mais genre juste la gauche…

    Bisous Helo on se voit « bientôt » !!

Ajouter un commentaire