Itacaré, un village coup de coeur a Bahia

Photo illustration Itacaré

Il s’agit d’une destination sur notre itinéraire qui devait être courte, seulement 2-3 jours, une ville au bord de la mer parmi tant d’autres. Et pourtant, les rencontres qui surviennent pendant un voyage peuvent modifier nos plans, nous avons fait une rencontre qui nous a finalement fait rester 15 jours à Itacaré.

Dans le bus venant de Morro de Sao Paulo, on ne savait pas trop ce qui nous attendait. On avait lu ça et là qu’il s’agissait d’un village de pécheur, très plébiscité par les hippies ou voyageurs au long cour, c’est effectivement un bon résumé de cette ville. Nous arrivons à la gare de bus Rodoviaria vers 16h ,(nous rappelons que le soleil se couche à 17h ici). C’est toujours un peu le stress de trouver un endroit pas trop loin, pas trop cher, s’approprier un nouveau territoire et refouler les guides qui veulent vous conseiller des auberges (ils sont pas trop insistants ça va). Sur le coup, cette partie de la ville ne m’inspire pas beaucoup et il me tarde de trouver un endroit où nous poser.

On trouve la pousada Estrella conseillée par notre cher guide électronique du Lonely Planet, il n’y a personne mais c’est confortable et accueillant. On décide alors de partir à la découverte du village. L’artère principale s’appelle Rua PITUBA, il s’agit d’une rue pavée à sens unique qui relie la vielle ville aux différentes plages d’ Itacaré.

Il y a deux spots principaux. D’un côté le port où un chemin de terre mène à la plage de la Concha, nousy avons passé le plus clair de notre temps. C’est une plage calme où il y a beaucoup d’activités. Restaurants-bars (pas chers), paddle etc…
De l’autre côté, à 10 min de marche,  se trouvent une succession de plusieurs plages beaucoup plus sauvages et plus belles les unes que les autres. Ces plages sont très prisées des surfeurs pour leurs énormes vagues et nous les avons également beaucoup pratiqué ! Il y a 4 plages, dans l’ordre : Praia Resende, Praia Tiririca, Praia Costa et Praia Ribeira. Nous avons préféré Tiririca pour ses vagues et Costa pour son calme (déserte la plupart du temps).

plade de tiririca

La plage de Tiririca, assez calme avec des vagues agréables pour la baignade

Photo Plage de Tiririca

La plage faite pour le surf (de bon niveau)

Photo Praia Costa Itacaré

La praia Costa permet de se relaxer tranquillement, il faut un peu marcher pour y arriver d’où la quasi-exclusivité de la plage

Revenons à la Rua PITUBA, beaucoup d’auberges se trouvent sur cette rue ainsi que de nombreux restaurants et bars, c’est un peu le lieu branché lorsque l’on veut sortir. Pour plus de tranquillité, il vaut mieux dormir plus à l’écart car c’est la fête presque tous les soirs jusqu’à 5 heures du matin. On rencontrera à l’auberge Estrella ce qu’on pense  être un couple mais en fait c’était une maman photographe qui prenait des photos de son fils fan de surf à l’aide de son téléobjectif gigantesque. Nous les avons accompagné une matinée sur la plage de Tiririca , Bruno le fils est un habitué des lieux.
Ce fut je crois notre première vraie initiation au portugais, des gens simples qui voulaient nous faire découvrir cette station balnéaire qu’ils aiment tant.

Après avoir passé deux jours sur ces jolies plages sauvages, l’envie de changement et de nouvelles rencontres se fait ressentir. Nous avions décidé de boire un dernier verre sur la plage de la Concha, nous étions vraiment bien, le soleil frappait fort et le bar que nous avions trouvé un peu a l’écart servait des bières a un prix qui fait qu’on peut se permettre de ne plus les compter. Aurélio le patron des lieux à tout fait pour qu’on s’y sente bien, cela a bien marché !
Son bar est à côté d’un stand de Stand up paddle, la personne qui s’occupait de les louer vient m’aborder en me disant :
« C’est un truc a faire absolument ici !« , ha il parle français !
C’est tellement rare que cela a titillé ma curiosité.

Photo du chien du camping

Ruda, le chien mascotte !

Il s’appelle Jo, d’origine brésilienne, il a fait une business school a Toulouse et vadrouille depuis plus d’un an sur la côte bahianaise. Il me raconte ses problèmes avec sa voiture, une coccinelle nommée Sangria qu’il a acheté entre Sao Paolo et Rio et qui est maintenant en panne.
En attendant, il travaille en espérant pouvoir la réparer pour reprendre la route et habite dans une sorte de camping avec son chien Ruda.
« Si cela vous intéresse, il y a un bungalow a louer pour pas cher là où je suis, c’est pas le Ritz mais l’ambiance est vraiment cool« . Il faut dire que si on partait comme prévu, c’était une nuit de bus avec 3 correspondances,  et avec la confiance que dégageait ce mec on a vite décidé de faire un essai.
Rendez vous pris a 18h en face d’une pizzeria dans la rue de PITUBA.

photo du Camping Yvan Lopez

Le Camping Yvan Lopez, notre lieu de résidence qui ne paye pas de mine :p

Photo de la rue Pituba

La rua Pituba avant la tombée de la nuit.

A dire vrai, cela ne ressemble pas vraiment à un camping. L’entrée est un vieux portail qui grince entre une pizzeria et une lanchonette (snack). Passé le couloir rempli de parpaings, nous arrivons sur une cour intérieure aux murs de briques nues avec deux bungalows de couleurs vives pour l’un et blanc pour l’autre. Nous aurons droit au premier avec son traditionnel hamac sur le seuil de la porte. On nous explique alors qu’il n’y aura pas d’eau chaude ni de connexion wifi mais une « cuisine équipée »  sans oublier le chien du voisin, les coqs et la clique maman poule et ses 7 bébés poussins parcourant le jardin toute la journée.

Photo de la poule et des poussins

Presque tout l’équipe est au complet, il manque que les coqs qui nous réveillaient à l’aube.

PHoto de la cuisine dans le camping

Une cuisine équipée en plein milieu des bananiers, le pied pour se faire de bon repas entre amis.

Photo de bananier

La forêt de bananier qui entourait notre bungalow.

Photo de notre frigo super funky

Un des plus beau frigo que j’ai pu voir !

Pour le wifi on a toujours le code de la pousada Estrella et il y a un café juste en face, ce sera plus compliqué mais c’est une bonne alternative. Pour l’eau chaude par contre Marlène est un peu moins partante mais au final elle s’y est fait, pas le choix. Il y a des bananiers fleuris tout autour du camping, ils assurent d’ailleurs la séparation avec les maisons voisines.

Notre bungalow que nous avons repeint en parti !

Notre bungalow que nous avons repeint en parti avec les moyens du bord.

Le camping ou nous avons séjourné un petit moment.

Le camping ou nous avons séjourné un petit moment.

Voulant rester a Itacaré à moindre coût, nous décidons de tenter l’expérience dans cet endroit qui fait penser à l’Auberge Espagnole de Cédric Klapisch. Nous rencontrons alors tous nos voisins, il y a d’abord Willy ancien sportif reconverti en glandeur professionnel. MaryLou, une petite mamie d’au moins 70 ans qui est restée bloquée dans sa trentième année et qui vend des bracelets sur la plage. Macarena, une argentine de 24 ans tatouée et qui a toute la partie basse du crâne rasée, elle fait des petits boulots par ci par là. Puis pour finir Yvan qui est ( un sacré personnage) le propriétaire du camping qui habite en haut de l’entrée . C’est un mec d’un quarantaine d’année mais qui a le style de vie d’un mec de 20 ans. Ils sont tous super accueillants et très gentils la plupart ne sont là que depuis quelques semaines. Je sens que ça va être une belle expérience de vie en communauté et pour cause, le soir même une soirée s’improvise chez Yvan, musique, bière etc… Nous rencontrons pleins de personnes d’Itacaré que nous avions croisé sur la plage ou dans la rue. Tout le monde parle Brésilien, heureusement que Jo est là pour traduire un peu. Puis il y a Macarena qui est en apprentissage aussi et avec qui on parle espagnol.

Vous aurez compris que encore une fois nous profitons un maximum des plages mais nous partons aussi à la découverte de nouvelles activités.
J’ai commencé par le Stand up paddle, je suis resté plus d’une heure sur la planche cela m’a vraiment plu.

La plage de la Concha

La plage de la Concha

Tout fier sur son paddle !

Tout fier sur son paddle !

Ensuite nous participons un peu à l’entretien du camping. Pendant que Macarena et Jo posent des briques pour remonter le mur du jardin ( le chien du voisin saute trop haut et passe par dessus parfois), nous décidons de fignoler notre cabane et Marlène se lance dans la peinture de la porte. Il fait pas très beau et c’est une activité parfaite en ce jour de pluie. En parlant de jours de pluie, on en a quand même eu quelques uns, dans ce cas l’activité principale est la lecture ou l’écriture. On peut rester enfermé des heures et on aime bien ça.
Sinon quand il fait beau on fait des sorties comme celle à la plage d’Itacarezinho, un pur bonheur. Une plage de sable blanc, des cocotiers tout le long, un ciel bleu parfait, des vagues pour s’amuser et presque personne!

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On s’y rend en bus et c’est à un peu plus de 20min d’Itacaré. Macarena est avec nous et dans le bus elle retrouve des amis argentins à elle qui nous accompagneront. Sur la plage déserte qui dit cocotiers dit noix de coco, il en fallait pas plus pour que je me lance dans l’ouverture de la noix! Ce n’est pas une tache facile, je m’y suis repris à plusieurs (plusieurs) fois mais j’en suis venu à bout. Ça fera notre maigre déjeuner accompagné de bananes!

Ouvrir une noix de coco

La noix de coco avant le combat, à ce stade, elle domine largement !

Noix de coco ouverte à la main

J’ai vaincu ! Ce fut un peu difficile sans outils mais maintenant place à la dégustation.

Un autre jour un dimanche midi où le bar d’Aurelio était fermé, Jo nous propose d’aller acheter un poisson aux pêcheurs au port et de le faire griller sur la plage devant le bar. Ni une ni deux nous voilà parti. Ce fut un beau moment de convivialité ! Cuisiner simplement avec du lait de coco et des herbes aromatiques.

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Concernant nos soirées on les a principalement passées au camping, entre soirée Caipirinha (que l’on sait maintenant faire à la perfection), soirée cuisine entre nous, pâtes, sauce tomate améliorée, omelette, croissants improvisés, salgados etc… D’ailleurs nous avons même eu l’occasion de les faire cuire dans la cuisine d’une boulangerie! La patronne nous a gentiment prêté ses fours. Les croissants étaient riquiqui et pas très bien cuit. Mais on aura essayé !
Nous avons également fait un barbecue de nuit sur la plage, toujours chez Aurelio. Marlène a géré la cuisson du début à la fin, elle était contente de participer et tout le monde était ravi de cette soirée.

Le matin au petit déj, on mangeait régulièrement des bananes, caramélisées et flambées à la cachaça c’est un régal ! Pour apporter ma contribution, j’ai décidé de vouloir couper un bananier. C’est comme cela que j’ai appris qu’il y avait qu’une seule grappe par arbre, du coup on coupe l’arbre pour prendre les bananes. Ici a Bahia, ça repousse en 3 mois ! Le bananier choisi était mal placé et reposait sur un bungalow, nous l’avons tiré comme on a pu à l’aide des 10m de corde que nous avons emporté (je savais que ça nous servirait !).

plan bananier

Jo et Simon en train d’élaborer un plan !

photo bananier sur posada

Découpe du bananier

Pour notre dernière soirée on profite une dernière fois de l’ambiance de PITUBA et on aura même l’occasion d’assister à un cours de Capoeira en pleine rue. En parlant de danseurs j’ai oublié de vous raconter la fois où Marlène s’est fait invité à danser par un beau brésilien ! Elle a dansé pendant 5min, le sourire aux lèvres super fière.Il y a de quoi, le mec dansait super bien !

On se sentait vraiment bien ici et on aurait bien voulu rester encore mais il a fallu prendre la décision d’avancer. On garde pleins de beaux souvenirs en tête, des anecdotes, des fous rires. Mais toutes les bonnes choses ont une fin. Avec Koh Pha Ngan en Thaïlande, Itacaré fait parti de ces villages où je pourrais m’installer pour un petit moment, pour prendre le temps, échapper au stress de la vie quotidienne.

Demain départ pour Porto Seguro un peu plus au sud.
 

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Publié le par Simon dans la catégorie Bresil Sur le site Allolemonde

A propos de Simon

Un peu geek sur les bords mais pas trop et rêveur invétéré. Après quelques voyages sur presque chaque continent, j'ai eu très envie de découvrir l'Amérique latine.

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